Climat social tendu à l’Onatel Version imprimable
24-11-2008

La crise sociale engagée depuis le 22 octobre dernier a accouché sur un préavis de grève dont copie a été envoyée au chef de l’Etat en personne. Ces humeurs sociales mettent sous pression le programme de développement.

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Un staff de premier niveau de Maroc Télécom, emmené par son PDG Abdeslam Ahizoune, devait à l’heure où nous mettions sous presse se rendre au Burkina Faso en vue du règlement d’une crise qui tient plus à des rapports entre égos qu’à de véritables revendications sociales. Des sources proches du dossier font état, en effet, d’incompatibilités d’humeurs entre le directeur des ressources humaines et le directeur général de l’Onatel, Mohamed Morshid, un ingénieur « rigoureux avec les machines et les hommes », témoigne-t-on, arrivé à la tête de l’entité le 5 janvier 2007. Le bras de fer latent s’est vite empiré, avant de se transformer en une grève les 22 et 23 octobre, puis en une affaire syndicale. Jusqu’à ce que la puissante branche des travailleurs de l’Onatel en arrive à réclamer la tête du directeur général, du directeur des affaires financières et du chef du département réseau. Après les sit-in et les conférences de presse improvisées sur place, le syndicat en appelle au chef de l’Etat en personne. Un préavis d’une grève pour le 18 novembre prochain a été adressé en effet au président Blaise Compaoré. Voilà pour l’histoire.

 

Résultat opérationnel en retrait

Sur le fond, le Syndicat national des télécommunications (Synatel) pointe du doigt la gestion de la société par le nouveau directeur général, homme rigoureux s’il en est, qui paye sans doute là le prix de l’inexpérience en matière de management. Le nouvel organigramme adopté est vertement critiqué par les syndicats qui lui reprochent de supprimer 200 postes de responsabilité.

Les travailleurs exigent une augmentation des salaires de 40%, des indemnités de déplacement de 25% et le paiement des heures supplémentaires et des primes de rendement.

Bref, les travailleurs exigent une augmentation des salaires de 40%, des indemnités de déplacement de 25% et le paiement des heures supplémentaires et des primes de rendement.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette crise sociale intervient à un moment où Onatel affiche, au terme du premier semestre 2008, un résultat opérationnel en retrait de 47,5% par rapport à la même période de l’année dernière. Cela même si l’activité mobile a progressé, marquant un chiffre d’affaires de 421 millions de dirhams (+25,4%), passant légèrement devant la filiale mauritanienne Mauritel. Ce dynamisme commercial n’empêche pas les marges du mobile d’être en retrait, à cause principalement de la hausse des amortissements consécutive à l’accélération des investissements.

Du reste, ces humeurs syndicales risquent d’aller à l’encontre de la volonté du gouvernement burkinabé de boucler courant 2008 l’OPV sur 20% du capital de l’Onatel (sur les parts détenues par l’Etat), comme stipulé au moment de la privatisation. L’opération devrait se passer à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM). Pour rappel, c’était le 29 décembre 2006 que la cession de 51% de l’Office national des télécommunications (Onatel) à Maroc Télécom avait été conclue pour un montant de 144 milliards de francs CFA.

MBF

(reprise de l'article du journal numéro 51, 6 au 12 novembre 2008)

 

 
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