Guinée : décollage difficile du programme d’informatisation de l’administration publique Version imprimable
30-10-2008

Le Système d’informatisation de l’administration guinéenne (SIAG), engagé en mars 2004 et qui devait s’étendre sur trois ans, n’est toujours pas bouclé faute de financement conséquent.

Par Ougna Camara, Conakry

 

En préconisant l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication, la Guinée espérait se mettre au diapason du processus de modernisation des services publics engagé par la plupart des pays africains. Les objectifs visés étaient de mettre en place un système intégré cohérent de traitement et de diffusion de l’information administrative et financière, et d’améliorer et sécuriser les recettes fiscales et douanières de l’Etat. Il s’agissait aussi d’éviter des fraudes par l’instauration d’un guichet unique et la mutualisation des ressources financières, de moderniser le processus électoral, puis de mettre en ligne les procédures administratives.

Dans un premier temps, 76 sites des secteurs de l’administration centrale à Conakry étaient ciblés. La deuxième phase devait couvrir les 8 gouvernorats et les 33 préfectures de l’intérieur du pays, et, en dernier ressort, mettre une version « extranet » pour les ambassades de Guinée à l’extérieur.

Ce programme permettra de gagner en temps, de donner une meilleure transparence au circuit administratif du pays et d’éviter les pertes de dossiers.

Quatre ans après le démarrage du programme, les attentes restent toujours nombreuses. Un portail internet du gouvernement est fonctionnel. Vingt sites de l’administration classés « prioritaires » dont la Présidence, la Primature, le Ministère de l’économie et des finances sont actuellement interconnectés. Mais il n’en demeure pas moins que l’inexistence d’une agence de régulation des NTIC ainsi que la cherté des équipements et de l’accès à l’information entament le véritable décollage de l’initiative.

 

Difficultés de financement

Sur un coût prévisionnel de 13 millions de dollars fixé en 2004, un cadre du SIAG reconnaît que le cap d’un million n’est toujours pas franchi. Le Coordinateur du SIAG, Alpha Amadou Bah, explique que la capacité des moyens disponibles est insuffisante. La VSAT de 2,4 m avec une bande passante de 256/512 kb fournie par l’USAID et celle de 3,8 m avec une bande passante de 512/1024 kb fournie par le PNUD, ne suffisent plus pour satisfaire les besoins. La Banque africaine de développement, l’Union européenne et la Banque mondiale se sont annoncées aux premières heures du programme. Mais leur concours tarde. En raison du coût annuel de 200 000 euros d’une seule bande passante, la Guinée à elle seule n’arrive pas à s’en procurer une.

Résultat, la première phase de ce programme, qui devrait transformer les procédures internes et les services offerts par les institutions publiques à travers l’interconnexion des services de l’Etat, est bouclée à 26%. Les services des partenaires nationaux comme Mounainternet, Afribone se limitent à la fourniture d’accès à l’internet.

Devant cette situation qui compromet le Système d’informatisation de l’administration guinéenne, M. Bah lance un appel aux pouvoirs publics et aux partenaires qui seraient intéressés, afin d’impulser une force à ce programme qui permettra, selon lui, de gagner en temps, de donner une meilleure transparence au circuit administratif du pays et d’éviter les pertes de dossiers.

 
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