Le GIM-UEMOA connecte 51 banques et se lance dans le M-banking Version imprimable
25-05-2010

Le directeur général du Groupement interbancaire monétique de l’UEMOA (GIM-UEMOA), Blaise Ahouantchédé, estime dans cet entretien réalisé en marge de la 5e édition du Forum Cartes Afrique, que son institution a fait un pas de géant sur le chemin de la mise en place d’une zone de retrait et de paiement unifiée.

Tunis a abrité, les 1er et 2 avril 2010, la 5e édition du Forum africain des technologies de la carte, Cartes Afrique, organisé par le groupe de presse Success Publications et auquel Les Afriques était associé comme média partenaire. Près de 500 opérateurs du secteur de la monétique, originaires d’une trentaine de pays africains et européens ont notamment débattu, à cette occasion, des opportunités d’expansion de la carte bancaire en Afrique et du rôle des innovations technologiques dans la gestion des transactions, mettant particulièrement l’accent sur le potentiel du mobile-banking, qui représente l’une des technologies les plus adaptées au continent.

Le projet, aujourd’hui en phase pilote, permettra à terme de retirer de l’argent par téléphone, via des bornes faisant office de distributeurs automatiques, mais aussi d’en envoyer par un simple SMS et de payer des factures.

Pour dresser l’état des lieux et les perspectives de croissance du secteur en Afrique, nous avons rencontré Blaise Ahouantchédé, directeur général du Groupement interbancaire monétique de l’Union des Etats de l’Afrique de l’Ouest (GIM-UEMOA), qui contribue à l’intégration économique dans cette région, par la mise en place d’un système unique interbancaire de paiement et de retrait par carte. Ce titulaire d’un MBA, obtenu à Paris Dauphine, qui compte une quinzaine d’années d’expérience dans les métiers de la finance, est également membre d’un comité stratégique de réflexion sur l’intégration des systèmes monétiques de l’UEMOA et de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Entretien.

Blaise 
Ahouantchédé : « En réalité rien n’est compliqué, c’est une question de 
volonté. »

Les Afriques : Où en est aujourd’hui l’interbancarité dans l’espace UEMOA ?

Blaise Ahouantchédé : Le GIM-UEMOA a fait un pas de géant sur le chemin de la mise en place d’une zone de retrait et de paiement unifiée dans la région. Nous comptons, à ce jour, 91 membres, dont 51 sont en production, c’est-à-dire offrant déjà l’interbancarité monétique. Il existe deux phases d’adhésion au système. Les banques deviennent d’abord membres du GIM-UEMOA. Elles basculent ensuite dans l’interbancarité, après une étape de préparation technique. Notre objectif est d’atteindre une centaine de banques membres et 70 banques en production, à la fin 2010. A la fin 2011, toutes les banques de la zone seront en phase de production. Toutes les banques de la région ont compris que les cartes estampillées GIM-UEMOA sont un produit d’appel en mesure d’étoffer leur portefeuille clients. D’autre part, le gain, résultant de la mutualisation des investissements nécessaires au développement de la monétique, est important.

 

LA : Quel est l’objectif de la récente fusion entre le GIM-UEMOA et le Centre de traitement monétique (CTMI) ?

BA : L’absorption du CTMI, qui était le bras technique de l’interbancarité dans la zone, par le GIM avait pour but la rationalisation des coûts, mais, surtout, la volonté d’offrir aux banques un seul interlocuteur. Les résultats de l’opération sont déjà perceptibles. Jusqu’en juin dernier, le nombre des banques en production était limité à une vingtaine. Aujourd’hui, nous comptons 51 banques en production. Nous avons aussi réussi à décupler le volume des transactions, qui s’est situé à près de 12 milliards de FCFA en 2009. Le plus intéressant est que plus de 50% de ce volume concerne des transactions domestiques.

 

LA : Quelle est votre stratégie pour accroître davantage le volume des transactions domestiques ?

BA : D’abord, nous œuvrons à rendre plus dense le réseau d’acceptation, à travers le déploiement de terminaux de paiement électronique (TPE) auprès des commerçants. En 2010, nous comptons mettre en place 1500 TPE. Notre objectif est de déployer 10 000 nouveaux TPE, d’ici cinq ans. D’autre part, nous allons lancer des cartes prépayées et intégrer aux cartes GIM des services très demandés par les populations, comme le transfert d’argent et le paiement de factures et de taxes. Les autorités sont aujourd’hui conscientes que la monétique est le seul moyen qui permet d’atteindre un taux de bancarisation de 25%, d’ici quatre ans, comme le souhaite la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

 

LA : Qu’en est-il du projet de l’intégration des systèmes monétiques de l’UEMOA et de la CEMAC ?

BA : Le GIM-UMOA est membre d’un comité stratégique dédié à cet ambitieux chantier. Ce comité comprend aussi des représentants de la BCEAO, de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) et de l’Office monétique de l’Afrique centrale (OMAC). Techniquement, on est prêts. Il ne reste plus qu’à définir les aspects règlementaires et sécuritaires.

 

LA : L’Afrique de la monétique, qui est en train de se dessiner à des rythmes différents selon les régions, passera-t-elle obligatoirement par le mobile-banking ?

BA : Sans aucun doute, le M-banking sera la banque de demain, notamment en Afrique, où le taux de pénétration du téléphone mobile est en augmentation constante. Le GIM-UEMOA se lancera prochainement dans le M-banking, à travers une plateforme interopérable regroupant plusieurs opérateurs et quelque 80 banques. Le projet, aujourd’hui en phase pilote, permettra à terme de retirer de l’argent par téléphone, via des bornes faisant office de distributeurs automatiques, mais aussi d’en envoyer par un simple SMS et de payer des factures. 

 

Propos recueillis par Walid Kéfi, Tunis

 

Article paru dans le numero 115

 
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