Maroc : la bataille de l’internet 3G Version imprimable
06-12-2008

L’opérateur historique a lancé depuis quelques jours une offre Internet 3G+ dans un marché potentiel de 15 millions de personnes.

 

Après l’internet 3G + en postpayé, Maroc Telecom met un autre argument dans la bataille qui l’oppose à Wana pour le contrôle de ce nouveau segment de la connexion à très haut débit avec le lancement du service Internet 3G+ en prépayé. L’opérateur marocain entend attirer 15 millions de clients potentiels, détenteurs de sa carte Jawal. L’objectif est de recruter 1 million de clients en 2009. Ce qui laisse présager des efforts commerciaux à engager par Maroc Télécom lequel, comme l’a montré les résultats des neuf premiers mois de l’année en cours, dispose des moyens d’engager une telle bataille sans entamer sa marge d’endettement. Ce sera sans doute décisif.

 

Carte prépayée

L’absence de l’abonnement et d’un quelconque engagement du client devra faciliter l’adhésion des Marocains à cette technologie qui, rappelons-le, s’est imposée facilement en Corée du Sud et au Japon (où la 4G est déjà une réalité), avant de rencontrer une vive résistance auprès du consommateur européen. Des difficultés jaugées certainement par la filiale de Vivendi qui joue à fond la carte de l’attractivité et de l’accessibilité.

Concrètement, le nouveau service est offert en phase de lancement sous forme de carte prépayée en mode Data Only avec un débit de 0,5 Mb/s et commercialisé sous forme de pack d’accès incluant un modem 3G+, une carte USIM avec un mois de connexion Internet au prix de 790 Dh TTC. Chez les deux autres opérateurs, également positionnés sur la 3G, les offres de la 3G sont de 690 dirhams TTC pour Wana, assortis de sept jours de communication offerte et d’une recharge de 200 Dh/mois. Méditel pour sa part propose 990 dirhams pour son modem 3G et deux mois de connexion. L’offre de Maroc Télécom se distingue de la concurrence par le fait qu’elle constitue la seule à coupler la voix et l’internet, la même recharge pouvant servir aussi bien pour l’internet 3G que pour la voix.

Par la suite le client peut recharger son pack d’accès avec des recharges dont la plus petite unité est 10 dirhams, permettant l’accès au service pour un jour. Le mois retombe à 200 dirhams, soit au pris de l’ADSL. Côté distribution, l’opérateur historique compte sur un réseau dense constitué de 40 000 points de vente, le premier au Maroc.

Côté distribution, l’opérateur historique compte sur un réseau dense constitué de 40 000 points de vente, le premier au Maroc.

A noter que, jusque-là, Wana, qui revendique le leadership du secteur, a d’abord concentré son offre sur la 3G en postpayé, réservée exclusivement aux entreprises, avant d’être étendue au grand public. L’annonce de la nouvelle offre de Maroc Télécom intervient quelques semaines après que le PDG de la filiale de l’ONA, Karim Zaz, ait dévoilé son intention de mettre à la disposition des clients un pack complet Netbook + 3G. Dans tous les cas, cette nouvelle offensive de Maroc Télécom devrait animer un segment de l’internet de 3e génération, voie de passage obligée vers la technologie du futur.

 

3G et rentabilité : un couple conflictuel

Ce sera la question à laquelle auront à répondre les opérateurs après les premiers succès commerciaux et lors des premiers rendez-vous de leurs conseils d’administration. Les experts, qui tablaient déjà sur plus de 100 millions d’abonnés à la 3G dans le monde dès 2005, se retrouvent aujourd’hui avec à peine 70 millions. Il y a quelques années, l’introduction de la 3G au Japon, qui s’était soldée par un raz de marée dans le portefeuille clientèle de Do Co Modo, avait abouti à un infléchissement de la courbe de rentabilité de cet opérateur. Le résultat opérationnel avait fondu du quart à cause d’une politique de subvention des terminaux. Bien que coûteuse, la migration vers la 3G s’avère incontournable, avance un expert du domaine qui pense que très vite, « après deux à trois ans d’investissements, les opérateurs récupéreront la mise grâce aux commissions et aux tarifs de différents services 3G ». Et de rappeler, au passage, la liaison ombilicale entre rentabilité et redevance sur les licences 3G, un paramètre qui explique, en la matière, la différence entre les politiques anglaise (coût des licences abordable) et française.

 

MBF

(reprise de l'article du journal numéro 53, 20 au 26 novembre 2008)

 
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