| Pourquoi l’extension de domaine « .sn » est-elle si chère ? |
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| 12-09-2008 | |
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Alors que le moment est opportun à la vulgarisation des TIC dans les pays africains, l’extension « .sn » est cédée annuellement à un prix excessif par rapport à ce qui se fait dans d’autres pays. Enquête. Au niveau mondial, la gouvernance d’Internet est assurée par l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN), qui est une organisation à but non lucratif. Ayant parmi ses attributions la gestion des codes nationaux (ccTLD), l’ICANN délègue le plus souvent l’attribution des noms de domaines à extensions nationales de type ccTLD à une entité nationale appelée registre, qui joue le rôle d’intermédiaire. Au Sénégal, cette tâche est dévolue à la NIC Sénégal (http://www.nic.sn), logée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et dirigée par un enseignemant du Département de génie informatique de l’Ecole supérieure polytechnique (ESP), qui se trouve être également à la tête du chapitre sénégalais d’Internet Society (ISOC-Sénégal). De manière pratique, pour obtenir l’un nom de domaine en « .sn », il faut s’adresser au NIC Sénégal ou à un des intermédiaires qui jouent le rôle de « registrar » en revendant les noms de domaines qu’ils ont réservés auprès de NIC Sénégal. Parmi ces revendeurs, nous pouvons citer Kheweul.com (http://www.kheweul.com/) et Sonatel Multimédia (http://www.orange.sn/). En France, une extension en « .fr » peut être réservée à moins de 5 euros, l’équivalent d’un peu plus de 3000 FCFA, soit dix fois moins que ce que demande le NIC Sénégal.
Prix excessif Ne voulant pas juger ces tarifs sans les avoir comparés avec ce qui se pratique sous d’autres cieux, nous avons essayé d’acquérir des ccLTD dans d’autres pays, et le constat est frappant. En France, une extension en « .fr » peut être réservée à moins de 5 euros, l’équivalent d’un peu plus de 3000 FCFA, soit dix fois moins que ce que demande le NIC Sénégal pour la maintenance annuelle d’un nom de domaine avec l’extension en « .sn ». En Europe, les tarifs sont pratiquement équivalents à ceux de la France, et restent toujours très éloignés des 30 000 FCFA du NIC Sénégal. En Afrique, les tarifs varient en fonction des pays, mais sont le plus souvent du même ordre que ceux pratiqués au Sénégal, et restent donc élevés. En Côte d’Ivoire, il existe cependant une différence entre la pratique du NIC.CI (http://www.nic.ci/) et celle du NIC.SN. Alors que l’entité sénégalaise est habilitée à recevoir des demandes de réservation de noms de domaines venant du client final, son homologue ivoirien NIC.CI a délégué entièrement cette activité à une vingtaine de « registrars » agréés, dont la société sénégalaise Kheweul.com.
Tarif totalement libre
Concurrence Au moment où le secteur privé, les pouvoirs publics et les institutions internationales oeuvrent pour une vulgarisation des TIC dans les pays africains, il faudrait que les conditions d’accès aux ccLTD soit allégées tant du point de vue des prix pratiqués que des documents à fournir, car le nombre de noms de domaines réservés faits partie des indicateurs fiables sur le niveau de développement des TIC dans un pays. Le meilleur moyen de vulgariser un outil, c’est d’en faire une banalité, pas un luxe, surtout si ce dernier appartient, d’une certaine manière, au patrimoine culturel sénégalais.
Amadou Makhtar Fall, |
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