«Un Nigérian sur trois a accès au téléphone» Version imprimable
15-12-2008

Le Dr Bashiru Gwandu, commissaire exécutif de la Commission des télécommunications du Nigéria était récemment à Londres pour des rencontres professionnelles. Les Afriques l’a rencontré pour un entretien sur les activités et les ambitions de cette commission qui a une réputation bien établie pour avoir réussi la libéralisation du secteur des télécommunications au Nigeria.

Dr Bashiru Gwandu : « Notre priorité, maintenant, est d’améliorer le réseau des télécommunications en multipliant les accès. »
Dr Bashiru Gwandu : « Notre priorité, maintenant, est d’améliorer le réseau des télécommunications en multipliant les accès. »

Par Charles Bambara, Londres

 

Les Afriques : Comment se présente le secteur des télécommunications au Nigeria ces dernières années ?

Dr Bashiru Gwandu : Nous avons beaucoup fait, mais je voudrais mentionner juste quelques actions concrètes. Beaucoup d’opérateurs ont reçu des licences d’exploitation. Dans le secteur du GSM, nous avons cinq opérateurs, et dans le domaine du CDMA, nous en avons plus de dix. Je précise que le CDMA est une technologie américaine, alors que le GSM est plutôt européen. Je crois en réalité que le système GSM est plus répandu en Afrique et dans le monde. Pour le GSM, nous avons MTN, Zain, MTL, Global Com, et Etisalad. Nous avons aussi distribué, à partir de 2006, des licences pour ce que l’on appelle le Système d’accès unifié au service de base. Cette licence a été introduite parce que les licences traditionnelles ne permettaient pas de couvrir tous les besoins des consommateurs dans le domaine des télécommunications. Cela a d’ailleurs stimulé la compétition au bénéfice des consommateurs. Par exemple, le prix à la minute d’une communication à l’étranger, qui était au-dessus de 100 nairas, a vraiment chuté, maintenant. Les communications locales sont aussi passées de 45 à moins de 20 nairas. Le nombre d’abonnés au Nigeria a connu une augmentation fulgurante. Nous avons maintenant plus de 50 millions d’abonnés, alors qu’avant nous étions à moins de 25 millions.

 

LA : Par contre, nous avons vu qu’au Nigeria, avec l’expansion des téléphones portables, le téléphone fixe se meurt, pourquoi ?

Dr BG : Au Nigeria se sont deux services différents. Avec la téléphonie mobile nous n’avons pas besoin de connexions câblées de maison à maison, donc le système est moins lourd financièrement et donc plus rapide à exécuter. Beaucoup d’opérateurs préfèrent être présents sur ce créneau parce que les marges bénéficiaires sont plus intéressantes. Et ce n’est pas uniquement le cas du Nigeria, mais c’est vrai dans le monde en général. C’est ce que nous constatons. Nous avons aussi octroyé au Nigeria deux licences pour des lignes fixes au niveau national à Nitel et à Globalcom. Nous avons aussi distribué plus de 50 licences à des opérateurs locaux, pour des lignes fixes. Notre priorité, maintenant, est d’améliorer le réseau des télécommunications en multipliant les accès.

« Nous sommes en train de signer à l’heure actuelle un contrat de formation avec les Gambiens. Nous avons des programmes d’échange avec l’Ouganda et avec le Sénégal, et beaucoup d’autres pays africains viennent s’imprégner de notre expérience. »

 

LA : Au regard de ce que vous avez dit, est-ce que vous confirmez qu’au Nigeria une personne sur trois dispose d’un accès à un téléphone ?

Dr BG : Oui, je le confirme. Nous avons effectivement 50 millions de personnes qui utilisent les lignes de téléphone, et la population du Nigeria est autour de 150 millions.

 

LA : Avec l’expérience acquise, la Commission des télécommunications du Nigeria est-elle prête à exporter maintenant son savoir-faire aux autres pays africains ?

Dr BG : Oui, bien entendu. Nous sommes en train de signer à l’heure actuelle un contrat de formation avec les Gambiens. Nous avons des programmes d’échange avec l’Ouganda, avec le Sénégal, et beaucoup d’autres pays africains viennent s’imprégner de notre expérience dans le domaine de la régulation du secteur des télécommunications.

 

LA : Est-ce que, dans le cas du Nigeria, le secteur des Télécommunications a apporté beaucoup de revenus à l’état ?

Dr BG : Effectivement. L’an denier uniquement, les revenus que les télécommunications ont apportés au gouvernement d’Abuja étaient de l’ordre de 1,2 milliard de dollars. Nous avons vendu des licences GSM pour un montant de 400 millions de dollars, nous avons aussi vendus quatre licences pour la technologie 3G pour un montant unitaire 1,5 million de dollars et beaucoup d’autres licences. Et n’oublions pas les contributions indirectes du secteur des télécommunications au développement du pays.

(reprise de l'article du journal numéro 54, 27 novembre au 3 décembre 2008)

 

 
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