Zain en piste pour le Rwanda Version imprimable
01-11-2008

Quatre postulants sont en lice pour le Rwanda. Zain part avec les faveurs du pronostic mais le plus dur sera de se faire une place au soleil dans un pays qui ne badine pas avec le respect du cahier des charges.

Le Groupe Zain fait partie, avec le soudanais LarryCom, le luxembourgeois Millicom et l’égyptien Telecel Globe Ltd, filiale d’Orascom Telecom, des opérateurs qui ont soumissionné pour la troisième licence au Rwanda. Pourtant, 17 retraits de dossiers avaient été enregistrés auprès de l’Agence de régulation nationale. Est-ce un désintérêt relatif pour un pays de moindre importance ou les conséquences d’un cahier des charges où les investissements exigés aux opérateurs sont conséquents ? C’est plutôt la seconde hypothèse qui l’emporterait compte tenu de la volonté de l’Etat rwandais de rattraper le retard en termes d’infrastructures de télécommunications. La licence obligerait le troisième opérateur à s’acquitter d’un paiement annuel de taxes devant alimenter le service universel et d’autres impôts prévus par l’Etat rwandais.

 

Rude bataille

Le directeur de l’agence de régulation, Col Diogene Mudenge, attend les évaluations techniques et financières dans le courant de ce mois. L’opérateur qui sera retenu par le comité technique sera éligible à négocier avec le Gouvernement au mois de novembre. C’est dire que l’attribution définitive de la licence n’interviendra pas avant le mois de décembre. Une fois ces différentes phases bouclées, l’attributaire de cette licence (Zain part favori avec l’argument de raccorder le pays à son réseau, qui couvre 500 millions de personnes dans 15 pays d’Afrique et du Moyen-Orient) devra batailler dur pour se faire une place au soleil. Le pays compte déjà deux opérateurs, en l’occurrence la firme d’obédience libyenne Rwandatel et la filiale sud-africaine de MTN, maîtresse des lieux avec 600 000 abonnés soit une part de marché de 90%.

Le pays compte déjà deux opérateurs, en l’occurrence la firme d’obédience libyenne Rwandatel et la filiale sud-africaine de MTN, avec 600 000 abonnés, soit une part de marché de 90%.

Ces deux opérateurs avaient obtenu de haute lutte une forme de duopole sur les communications fixes et mobiles en 2003. Visiblement, les investissements consentis sur les cinq dernières années n’ont pas suffi. La licence de MTN, qui a coûté 200 000 dollars, supporte annuellement une taxe de 3% sur les revenus. A cela s’ajoute une récente pénalité de 140 000 dollars pour non respect du cahier des charges, décidé le mois dernier par l’autorité de régulation. N’empêche, le business est rentable puisque MTN Group vient de revoir à la hausse ses participations, passées de 40 à 55% dans le capital de MTN Rwanda.

 

Un seul postulant subsaharien

Problème supplémentaire pour le troisième opérateur, un ticket d’entrée, forcément relevé par rapport à la concurrence, pèsera dans les charges de la future filiale. L’on sait que l’investissement consenti pour recruter un abonné passe presque comme une subvention (cas de Wana au Maroc) et que le choix des options technologiques modernes sont non seulement coûteuses mais aussi inadaptées (cas de Mobinil pour la 3G) en Afrique. N’a-t-on pas vu des stratèges du secteur s’interroger sur la pertinence du 3G dans certaines régions africaines ?

En général, les investissements dans les nouvelles technologies sont réputées lourdes, ce qui ne correspond pas souvent aux choix des actionnaires qui ont tendance à opter pour des rendements élevés à court terme. Par exemple, Zain compte investir 12 milliards de dollars en Afrique pour, notamment, développer son offre Wimax, la 3,5G et la fibre optique. Quant à Telecel Globe elle s’appuie sur une capitalisation boursière de 12 milliards de dollars, avec plus de 74 millions d’abonnés au premier trimestre 2008. Ces deux postulants sont plus présents en Afrique que Millicom, cotée au Nasdaq, avec un rayon d’action qui couvre l’Asie, l’Amérique latine et, sporadiquement, l’Afrique pour un parc d’abonnés de 291 millions à la fin mars dernier. Pour sa part, LarryCom est la seule compagnie subsaharienne qui a manifesté de l’intérêt pour l’offre. Basé au Soudan, avec des bureaux à Dubaï, Beyrout et en Egypte, le groupe détient 5% de Sudatel, de loin le plus connu des opérateurs soudanais.

Toujours est-il que cette arrivée du troisième opérateur intervient au terme de l’expiration de la période d’exclusivité accordée aux deux pionniers. Le troisième opérateur aura 15 ans pour faire fructifier ses investissements dans le fixe et le mobile aux mêmes termes et conditions appliquées aux autres opérateurs.

PPA

 
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