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Crise de l’Euro Tout est mélangé Version imprimable
05-06-2012
Une éventuelle sortie de la Grèce, du Portugal et «maybe» de celle de l’Espagne sonnerait le glas de la monnaie européenne. Si l’Italie est dans le lot, bonjour la catastrophe finale.

Depuis un certain temps je suis resté un peu silencieux sur tout ce qui se passe en Europe. Ma dernière publication date du 22 Février 2012. J’ai été gagné par «l’Euro fatigue». Après le succès du dernier «bail-out» je m’étais senti réconforté par les évènements et suis tombé dans la lassitude, oubliant qu’avec l’euro et les européens rien n’est jamais sûr d’être sûr. Depuis un certain temps cependant, la dynamique de la politique économique européenne semble être la préoccupation de tous ! Je n’ai jamais assisté à un tel scenario dans lequel la politique et l’economie sont si étroitement reliées. Je ne veux pas rater ces moments historiques.

De quoi s’agit-il au juste ? Voilà depuis près de quelques semaines, les changements politiques en Europe ont fait revivre la flamme de la crise de l’Euro. En France et en Grèce les électeurs ont montré leurs mécontentements face aux pouvoirs en place. En France, Sarkozy a été gentiment remercié. En Gréce,le parti au pouvoir a été obligé de partager son autorité avec l’extrême droite, opposées à toutes les mesures draconiennes et aux plans d’austérité. Standard & Poor profite de cette situation pour se faire remarquer en dégradant 26 banques italiennes.

Une totale cacophonie

Dans les milieux européens des finances, on évoque une éventuelle sortie de la Grèce, du Portugal et «maybe» de celle de l’Espagne et dans le pire des cas de l’Italie (cela serait la catastrophe finale). Dernièrement, pour calmer les marchés, les ministres des finances européens réunis à Bruxelles ont démenti avec ferveur une potentielle sortie de la Grèce de la zone monétaire ! En réalité sur le terrain, l’histoire est totalement différente : la Grèce installe la division au sein de la zone monétaire et cela avec son lot de déclarations diplomatiques insensées et contradictoires. L’Autriche, mon second pays, a proposé que la Grèce quitte l’Union Européenne, pour renégocier sa réentrée dans la zone euro (indirectement cela équivaut à quitter la zone euro). Le porte-parole de la commission européenne, a quant à lui, rejeté l’idée d’une sortie de la Grèce. Le président de la même commission, José Manuel Barroso, a dit à ce sujet et je cite : «Quand le membre d’un club ou d’une association ne respecte pas les règles, il est mieux de sortir de ce club, cela est applicable à toute organisation, à toute institution, et à tout projet». Vous comprenez maintenant pourquoi j’ai utilisé plus haut l’expression de «cacophonie» pour décrire ce qui se passe dans la zone euro ! Tout cela arrive parce qu’il n’y a plus de leader dans la crise européenne ! L’Allemagne semble faire son mea culpa, depuis que sa position rigide sur l’austérité économique s’est vue bombardée par l’opinion internationale. Indirectement, sa cousine, l’Autriche, dire tout haut ce que l’Allemagne pense tout bas ! En plus, il y a une invitée surprise à la table, en l’occurrence François Hollande, le nouveau président français! En Grèce, le nouveau vainqueur des élections (Syriza) menace de ne pas signer une autre mesure d’austérité, créant ainsi un véritable imbroglio financier. En pleine rédaction de ces lignes, je prends connaissance de l’échec des pourparlers entre les deux partis ! Ce désaccord renvoie donc le pays de Platon et de Socrate à une autre élection qui déterminera le grand vainqueur ! Tout est vraiment mélangé !

La nervosité s’installe

Malgré les différents appels au calme, la nervosité commence à gagner les marchés de transactions des bons publics. Le tableau ci-dessus montre l’évolution des bons publics depuis la parution de mon dernier article sur l’euro (22 Février 2012). Comme on peut le constater, la montagne grecque tout naturellement domine la contrée !

Lorsque qu’un état émet des bons de trésors, il s’endette en effet auprès des détenteurs de ces bons. Les taux d’intérêts sur ces bons sont définis par le marché financier. Si les investisseurs (spéculateurs) doutent de la capacité de remboursement de l’état, ceux-ci vont demander des garanties élevées. Cela va se traduire par des taux d’intérêts élevés. C’est la raison pour laquelle, les taux d’intérêts sur les bons publics de la Grèce sont de 29,10% quand ceux de l’Allemagne de sont de 1,47%.

Entre février et mars, il y a eu une certaine accalmie sur les marchés. Tous les bons (de 10 ans) à part ceux du Portugal, ont connu de légères baisses. Les taux d’intérêts sur les bons grecs continuent d’être les plus élevés. Entre le 12 Avril et la date du 14 Mai, les bons espagnols et Grecque connaissent une hausse significative.

Et si la Grèce sortait de l’euro ?

C’est la question qui est sur toutes les lèvres ? Là encore je crois que les européens vont commettre la plus grande erreur de leur vie s’ils laissaient la Grèce s’en aller ! Pour soutenir cette argumentation, on cite l’exemple de l’Argentine qui est sortie de l’union monétaire avec l’Amérique, a dévaluée sa monnaie locale et expérimentée une croissance économique en moyenne de 9% entre 2003 et 2007. Les conditions du défaut de paiement de l’Argentine et de celle de la Grèce ne sont pas les mêmes. L’Argentine est un pays ayant une économie sectorielle plus avancée que celle de la Grèce. Comme je l’ai mentionné déjà plus haut, la clef de sortie de la Grèce n’est plus dans les mains de la Commission européenne, mais plutôt dans les élections prochaines ! Je crains que celles-ci ne se transforment en référendum sur la participation du pays à la zone monétaire ! Dans le cas où la Grèce devrait partir, cela va enfin réveiller l’Europe qui mettra tout en oeuvre pour sauver sa monnaie.

Francis Konan
Conseiller éditorial Les Afriques,
blog : frkonan.wordpress.com
 
 
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